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dimanche 1 avril 2012

Le dimanche des rameaux

Ce temps, cette période de l'année, me fait penser à un anecdote de mon enfance... Dans mon jeune temps, les gens étaient beaucoup plus attachés aux différentes festivités religieuses: Noël, pâques.. Le carême était bien spécial. Pour nous, les enfants, c'était une période de pénitence, pas le droit de friandises, et portions de nourriture diminuées. Lorsque la fin du carême était proche, et que nous avions si hâte de manger à nouveau des bonbons, il y avait les festivités du dimanche des rameaux. Mes parents allaient donc chercher une branche de palmier (le rameau) au magasin et tous ensemble, nous le décorions: guirlandes, couleurs... Et un coq en pain, en haut complètement du palmier. Il avait tout d'un coq: les yeux, la crête rouge et la queue toute allongée. Autour du coq, tout plein de bonbons! Avec cette arbre, la famille se retrouvait dans les rues d'Enschede et c'était la parade du dimanche des rameaux. Le palmier était notre fierté et nous le portions très haut en se promenant. il reignait une certaine compétition entre familles: de qui aurait le plus beau palmier! Il y a un an, ou le dimanche ne s'est pas passé comme les autres... Celui-ci est bien gravé dans ma mémoire, celui de mes 8 ans. Mon plus grand frère, Hermann, décédé maintenant, était venu passer la semaine à la maison pour les festivités. Il revenait du séminaire, ou il faisait ses études de prêtrise. En arrivant à la maison, le jeudi, lui et ses collègues sont allés dans le salon et ont vus l'arbre, déjà tout décoré. Ils l'ont trouvé bien beau, très beau et l'ont dévoré!!! Ils se sont payé la traite. ... Plus de coq... Plus de bonbons... Nous étions bien tristes et fâchés, surtout que mes parents n'avaient pas les sous pour en racheter un autre. Hermann s'est fait chicané, mais nous étions tous punis, nous n'avions plus de récompense pour notre si long carême! Ma sœur doit s'en rappeler elle aussi, elle pourrait même vous dire les noms des collègues d'Hermann. Elle a une très bonne mémoire pour ce genre de chose. C'est ce que je me rappelle de ma préparation de pâques, ça fait peu être pas grand chose pour vous, un anecdote bien banal mais moi, c'est une partie de ma vie, et je vais m en souvenir longtemps... Longtemps...

lundi 23 mai 2011

L'allaitement

Après quelques temps au Canada, j'étais installé tranquillement dans la communauté de mon frère Herman.
Je ne parlais pas vraiment français et mes phrases, si on peut les nommées ainsi, étaient ponctuées d'hésitations, de mots hollandais ou encore de grandes pauses... J'essayais de me débrouiller du mieux que je pouvais et je comprenais de mieux en mieux les gens. C'était tout de même un grand effort constant pour y arriver.

Une des premières fois où j'ai vu Marie-Ange, ma femme, c'était à un grand souper avec la communauté du presbytère. 

On était plusieurs autour de la table: l'Êveque, plusieurs prêtres dont mon frère Hermann, Marie-Ange ...
et après le souper, on nous servit café et thé autour de la table.

- Henri, va nous chercher les cigares à l'étage, il est temps de fumer! dit mon frère.
(Dans ce temps là, les hommes fumaient encore des cigares après le souper)

Je répondis donc que cela me ferait plaisir. Puis, j'ajoutai, très fier de pouvoir le dire en français et ainsi parler à la belle demoiselle:
- En attendant que j'y vais, Marie-Ange, Allaites-moi donc svp!

Une vague de rires submergea la table, et j'ai compris que je n'avais pas dit le bon mot. 

De là, Marie-Ange a décidé de me donner des cours de français pour parfaire mon vocabulaire...
Et ce fut le début d'un grand amour.